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02.09.2007
Sacre Bleu
Mes jours ici sont désormais comptés et chaque action devient à chaque fois "mon dernier" ou "ma dernière". J'ai donc passé ma dernière soirée, nuit, matinée avec mon anglais. J'avais trouvé une épaule confortable, une oreille attentive, un sourire à mes blagues. Nous avons écourté les adieux, sachant très bien qu'ils nous ferraient aussi mal à lui qu'à moi. Nous connaissions les règles du jeu mais cela ne m'a pas empêchée de fondre en larmes aussitôt entrée dans la voiture. Il me regardait avec ce regard valorisant et fier que l'on avait pas porté sur moi depuis tellement longtemps, des sourires complices dont on ne se lasse pas et cette impression de compter pour quelqu'un, même si cela reste éphémère. Un morceau acoustique des Libertines m'achèvera à 14h02. Je me sens pathétique et me revois quelques années en arrière à pleurer mon amour de vacances.
Je me sens vide et seule cette après midi. Mon ventre et ma gorge sont noués et mes larmes coulent sans prévenir. Sans doute la peur mélangée au ras le bol et à cette envie de passer à autre chose, enfin. Mais cette peur d'affronter ma nouvelle réalité. Une nouvelle vie, un nouvel environnement. Ne pas louper le train. Penser à cette nouvelle vie, mon ventre se serre et mes larmes montent. La peur d'affronter mes doutes et moi même par la même occason. J'en suis pétrifiée, j'avais oubliée pendant ces deux moi en Angleterre mes peurs et faiblesses. Assise sur ce banc de ce centre commercial, je me regarde enfin en face et vois le chemin parcouru, il me reste encore tellement d'épreuves. A ce moment de l'histoire, je me sens totalement dominée par mes émotions. Ne pas être totalement maître de soi même, se sentir dominée, dirigée et se sentir faible. Avancer, régresser et ne pas réussir à se stabiliser. Je vais bien, je vais mal, mais jamais de réelle constance. Peur de l'avenir, alors on se réfugie dans le passé se promettant de ne plus faire les même erreurs. Leurre. Apprendre à conjuguer sa vie au présent et au futur..simple et plus jamais au passé. Pas de remords.
Il y a certains blessures qu'aucun artifice ne pourra effacer ou guérir. Je me cacher derrière cette personne froide et distance. Elles sont là à jamais, il faut juste apprendre à vivre avec. J'ai besoin d'une épaule sur qui me reposer.
Mon dernier dimanche et tout ne rentrera pas dans mes 4 sacs de voyage.
18:44 Publié dans England | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note








Commentaires
Ca me rappelle mon départ de Vienne il y a plus d'un an déjà. Les adieux écourtés à l'amant, les "dernières" choses à faire ... et le vide quand j'ai rangé toutes mes affaires et rendu mes clés.
Let it go (je bosse mon anglais aussi en ce moment ;) ).
Ecrit par : Cha | 02.09.2007
si tu as déjà le blues ca promet, vu celui que tu risques de ressentir pendant 2 semaines après ton retour. ca fait toujours ca quand on reviens de quelques parts. courage.
Ecrit par : littlefrench | 03.09.2007
@ Cha, On va travailler notre anglais ensemble hein ;), j'a tellement peur de perdre tout le bénéfice acquis! Je déteste les adieux, j'appréhende ceux avec la famille ce soir, sensible comme je suis...
@ Littlefrench, Merci :) cependant, tout va tellement s'enchainer vite que je ne vais rien voir passer. Quelques jours chez mes parents dans le sud et rentrée au Havre. Les premiers temps dans cette nouvelle ville (et sans internet, le drame) risquent de ne pas être faciles!
Ecrit par : Amapola | 03.09.2007
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